Chirurgie orthopédique et viscérale

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Arthrodèse cervical antérieure

Cette intervention s’appelle arthrodèse : elle consiste à bloquer certaines vertèbres entre elles.

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Dans votre cas, il s’agit de traiter une arthrose, c'est-à-dire une usure des disques et/ou des articulations des vertèbres de la colonne vertébrale qui est responsable de douleurs cervicales +/- irradiations nerveuses dans les bras. L’intervention se fait par en avant, dans le cou. Cette intervention se conçoit seule ou en complément d’une chirurgie par voie postérieure précédemment réalisée.

L’opération consiste à éviter les mouvements de ces vertèbres abimées, le mouvement étant à l’origine de douleurs,  à l’aide de cages (des cales), qui servent aussi de pilotis. Cette fusion est solide en général aux environs de 1 an. L’effet des cages est aussi d’assurer une stabilité immédiate des vertèbres entre elles, chaque vertèbre reposant sur celle dessous via la cage.

 

<u>Comment se passe l’intervention et l’Hospitalisation ?</u>

Vous rentrez à la clinique la veille de l’intervention le plus souvent.

L’intervention se passe sous anesthésie générale. Elle dure environ 1 heure. Vous passez ensuite en salle de réveil pendant 2-3 heures, puis retour dans votre chambre.

L’incision se fait sur le coté droite de votre cou. La taille de la cicatrice dépend de la zone à bloquer ; elle est d’environ 5 cm en général. La peau est refermée avec du fil résorbable. On pose très souvent un drain qui reste en place en général 2 jours.

Un collier mousse peut être mis en place pour éviter des mouvements intempestifs, surtout pour vous rassurer. En quelques jours vous retrouvez votre autonomie et votre liberté.

La durée d’hospitalisation est de 3-4 jours, en fonction de votre capacité à retrouver de l’autonomie et en fonction de vos douleurs.

 

<u>Que se passe t il après l’intervention ?</u>

Vous rentrez à votre domicile, avec des aides si nécessaires, sauf en cas d’isolement ou de logement tout à fait non adapté. Le retour à domicile ne se fait pas forcément en ambulance.

Pendant 45 jours, il n’y a pas vraiment de kiné spécifique. Les efforts sont à éviter. Le port de charge lourde (dès 4-5 kg) et les mouvements extrêmes du cou sont à contre indiquer formellement pendant 3 mois.

La première consultation de contrôle a lieu au 3° mois pour juger de vos progrès.

La kiné débute vers le 45° jour, d’abord par des massages doux puis des étirements et enfin de la remusculation. Elle est progressive et doit être indolore. A partir du 3° mois vous pouvez commencer des activités de piscine, vélo d’appartement ou footing. L’élargissement à des activités de randonnée en montagne ou de vélo en plain air se fera selon vos capacités et vos progrès.

L’arrêt de travail est de minimum 3 mois.

A terme, toutes les activités physiques peuvent être reprises une fois la greffe consolidée.

 

<u>Est-ce que je serai raide ?</u>

La fixation par des cages entraine forcément une raideur de la zone concernée. Cependant, on ne prend pas toute la colonne cervicale, et la mobilité des autres vertèbres cervicales, des lombaires et des hanches est conservée, si bien qu’il n’existe pas de limitation de la mobilité par rapport à avant l’intervention.

 

<u>Qu’attendre de cette intervention ?</u>

Les douleurs cervicales et céphaliques doivent, après le contre coup de la chirurgie, revenir dans des valeurs usuelles. C'est-à-dire qu’on ne peut pas supprimer complètement les douleurs, mais les amoindrir au maximum. Un objectif de réduire ces douleurs de ¾ est souvent réaliste.

En ce qui concerne les douleurs neurologiques dans les bras (les fourmis désagréables), on estime qu’une disparition est fréquente dans les meilleurs cas. Si ces douleurs sont installées depuis longtemps, les résultats sont en général moins bons.

 

<u>Ma vie sera-t-elle normale ?</u>

Les activités de loisirs peuvent être reprises sans limitation après fusion de la greffe. Cependant les activités professionnelles de force doivent être adaptées, et il est souvent nécessaires dans cette catégorie de métier de faire appel à une assistante sociale pour connaitre les démarches possibles.

 

<u>Est-ce que je risque d’être paralysé ?</u>

Les risques de complications neurologiques existent mais ils sont excessivement rares.

 

<u>Existe-t-il d’autres risques ?</u>

Les risques existent mais sont souvent très limités.

Comme toute intervention il existe un risque lié à l’anesthésie générale. Celui-ci est exceptionnel. Lors de la consultation avec l’anesthésiste, celui-ci vous informera et prendra toutes les dispositions nécessaires pour que l’intervention se déroule du mieux possible.

L’infection de la plaie est possible mais excessivement rare. En effet, la cicatrice se trouve sur le cou et peut macérer. Les bactéries présentes sur la peau profitent parfois d’une faiblesse locale pour infecter cette cicatrice. Ce problème d’infection est surtout vrai chez des patients fumeurs ou ayant d’autres problèmes de santé.

Il existe un risque de blessure des gros vaisseaux cervicaux (carotide ou veine jugulaire). Cette plaie doit être suturée et est ensuite colmatée avec de la colle. Après suture, il n’existe pas de séquelle. Cette chirurgie par voie antérieure est réalisée avec l’aide d’un chirurgien vasculaire (chirurgien spécialiste des vaisseaux).

Parfois les disques et vertèbres juste à coté de l’arthrodèse s’abiment à leur tour. Il peut alors être nécessaire de prolonger le montage pour pallier à cette arthrose adjacente à la précédente chirurgie. Cette arthrose survient plusieurs années ou dizaines d’années après la première.

Un hématome peut se créer au contact des vertèbres, responsable de difficultés à respirer. En cas d’hématome compressif, une réintervention peut être nécessaire.

Les nerfs qui actionnent les cordes vocales se situent à proximité de la zone à opérer. Ils sont facilement repérables. Si les nerfs sont abimés, la voix peut se modifier pour devenir « rauque ». une rééducation par un orthophoniste permet  un retour à la normale souvent.

Les plaies de la trachée ou de l’œsophage sont anecdotiques. Parfois cependant une irritation survient, souvent à cause de l’intubation, et peut être à l’origine de gêne transitoire à manger. Ces gênes durent en général 2-3 jours.

 

<u>Est-ce que j’aurai mal ?</u>

Les premiers jours qui suivent l’intervention sont peu douloureux. Vous serez calmé par des injections d’antalgiques puissants adaptés à votre cas et votre douleur.

Ensuite les douleurs diminuent progressivement. Il ne faut pas vouloir reprendre trop vite des activités importantes pour ne pas réactiver des douleurs. En ce sens il faut respecter l’interdiction de porter des charges lourdes, et les activités ménagères et d’entretien de votre domicile sont à proscrire pendant au moins 3 mois.

 

 

 

<u>Est-ce que je porterai une minerve ?</u>

La minerve n’est pas indispensable, sauf en cas de tenue médiocre des implants. Ce qui est très rare.

 

<u>Est-ce que je garderai le matériel toute ma vie ?</u>

Oui, sauf s’il devient gênant, c'est-à-dire

-          s’il est douloureux, ce qui est exceptionnel

-          s’il existe une infection associée

-          si le matériel bouge (pseudarthrose)

Dans quelques cas la greffe ne s’est pas consolidée, et il peut être nécessaire de restimuler la greffe par une nouvelle intervention. Ceci est d’autant plus fréquent chez les patients fumeurs.

 

<u>Est-ce que j’aurai besoin d’une transfusion ?</u>

Cette chirurgie entraine un saignement tout à fait modéré. Sauf complication, la transfusion n’est pas nécessaire.

L’anesthésiste évaluera ce risque et adoptera la meilleure stratégie pour vous.